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 Santé mentale au travail : un sujet incontournable

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Santé mentale au travail : un sujet incontournable

En 2019, certains employeurs commençaient tout juste à saisir l’importance de la question de la santé mentale au travail, de la nécessité de lutter contre les inégalités, la stigmatisation et le lien émergent avec les questions de diversité, d’équité et d’inclusion. Lorsque frappe la pandémie de COVID-19, le monde du travail est bouleversé. Et avec lui l’état d’esprit et les conditions de travail des salariés. Pendant près de deux ans, les entreprises traversent crise après crise dans une incertitude croissante, mais qui a le mérite de souligner l’importance de la santé mentale au travail. Un sujet qui concerne les employeurs, comme les employés, mais aussi les étudiants et plus globalement la nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail.

Comment parler de la santé mentale au travail ?

Sujet tabou ou ignoré, la santé mentale dans la sphère professionnelle est un sujet qui n’est pas facile à aborder. Les dirigeants, managers et professionnels des ressources humaines, doivent accepter de remettre en question leurs idées reçues, et de réapprendre à apprendre sur un sujet complexe sans réponse parfaite. Les premières initiatives qui sont prises répondent d’ailleurs à des besoins urgents. On est ici en mode réactif où des entreprises proposent des initiatives telles que des journées ou des semaines consacrées à la santé mentale, des semaines de travail de quatre jours, des séminaires de coaching ou des applications liées à la santé mentale. Pour autant, les salariés attendent surtout des changements profonds pour des lieux et cultures de travail durables et mentalement sains. Il ne suffit pas de dire, il faut surtout faire. 

Pour cela, il est important de ne pas laisser ses équipes dans l’ignorance sur ce qu’ils doivent faire en cas de doutes, de questions ou de problèmes. Attendre qu’un collaborateur soit en pleine dépression pour lui faire part des politiques internes en matière de santé mentale est loin d’être une bonne pratique. D’autre part, parler de la santé mentale implique de changer sa manière de raisonner. La santé mentale ne définit pas quelqu’un et il n’est pas simple de comprendre les causes et solutions aux troubles ou aux questionnements vécus. Il serait malvenu de dire à une personne qui a la grippe de se reprendre en main. C’est la même chose pour la santé mentale.

Des indicateurs qui inquiètent

Le rapport sur la santé mentale au travail de Mind Share Partners partage des chiffres intéressants. La première chose est que davantage d’employés quittent leur emploi pour des raisons de santé mentale, notamment celles causées par des facteurs liés au monde professionnel, comme un travail écrasant et insoutenable. 68% des millénaux et 81 % de la génération Z qui ont quitté un emploi, l’ont fait pour des questions liées à la santé mentale. Jusqu’à récemment, la conversation portait principalement sur les problèmes de santé mentale préexistants et la stigmatisation qui en découle. Désormais, l’accent est mis sur l’effet du travail sur la santé mentale de chacun. Le facteur le plus courant est le travail émotionnellement épuisant (par exemple, stressant, accablant, ennuyeux ou monotone), qui s’est également aggravé depuis la pandémie. Ce facteur est suivi de près par l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Les autres facteurs liés au travail qui se sont le plus aggravés depuis la pandémie sont les mauvaises pratiques de communication et le faible sentiment de connexion ou de soutien de la part des collègues ou des managers. 

S’intéresser à la santé mentale pour limiter les risques psychosociaux

Le surmenage conduit à l’épuisement professionnel. Un épuisement prolongé entraînera absentéisme, présentéisme inutile et contre-productif, perte de talents et baisse des performances. Les comportements quotidiens dans l’entreprise, comme le nombre d’heures travaillées, la structuration des réunions, les comportements en matière de communications (e-mails, messagerie instantanée, SMS, etc.), et le degré d’autonomie et de soutien accordé aux équipes, ont un impact sur la santé mentale d’une entreprise. Parler de la santé mentale ne va pas soudainement créer plus de problèmes de santé mentale, comme le craignent de nombreux dirigeants. Le fait de normaliser la discussion sur la santé mentale mettra en lumière les défis qui existent déjà afin que les équipes puissent prendre des mesures pour les relever et créer une culture où les gens peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes. C’est ainsi que les organisations peuvent développer des cultures hautement performantes à long terme. S’intéresser à la santé mentale ne fait donc pas que limiter les risques psycho sociaux, mais aussi construire une culture d’entreprise positive et bienveillante au sein de laquelle de nouveaux talents peuvent se retrouver facilement pour donner le meilleur d’eux-mêmes.

Les écoles de management suivent bien sûr cette tendance lourde liée à la santé mentale qui impacte directement le fonctionnement des entreprises. Les étudiants sont sollicités pour imaginer des solutions, apporter leurs idées à des cas concrets, travailler avec des enseignants-chercheurs, et faire ainsi changer le monde professionnel. À vous de jouer !

Auteur : Julien Redelsperger

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